E-CHO, Nacre, géothermie, hydrogène naturel, terres rares… Derrière ces projets se dessine une ambition commune : faire du Béarn un territoire d’innovation, d’industrie et de transition énergétique. Décryptage des opportunités qui se construisent aujourd’hui pour l’économie de demain.
La conjoncture économique étant difficile, les entreprises investissent et recrutent moins. Si l’économie béarnaise demeure solide et diversifiée, elle tourne aujourd’hui au ralenti. Dans ce contexte, il est essentiel de préparer l’avenir.
Plusieurs projets industriels majeurs sont engagés ou en développement sur notre territoire : E-CHO, Nacre, les projets liés à la géothermie, à l’hydrogène naturel, aux ressources minérales et aux terres rares. Malgré leurs différences, ils s’appuient largement sur des compétences déjà présentes en Béarn.
Le bassin de Lacq en est l’illustration. Son histoire dans le pétrole, le gaz, la chimie et l’ingénierie a permis de construire des savoir-faire aujourd’hui précieux pour développer de nouvelles filières. Les compétences d’un monde carboné peuvent désormais servir un monde décarboné.
C’est le cas d’Arverne, qui valorise l’expertise du sous-sol à travers la géothermie et l’extraction de lithium géothermal. La géothermie présente également un fort potentiel pour la production de chaleur et demain de froid, tandis que l’hydrogène naturel ouvre de nouvelles perspectives grâce aux compétences scientifiques et industrielles du territoire.
Teréga accompagne aussi cette transformation en faisant évoluer ses activités vers l’hydrogène, le CO₂ et les nouvelles infrastructures énergétiques. De leur côté, Carester et la future magnet valley participent à la structuration d’une filière autour des terres rares, stratégique pour sécuriser l’approvisionnement en matières premières essentielles.
Cette dynamique est portée par le Pacte du sous-sol, animé notamment par AVENIA avec le soutien historique de la CCI Pau Béarn. Son objectif est de faciliter le développement de ces filières en améliorant le cadre réglementaire, les financements, les compétences et l’acceptabilité des projets.
E-CHO, un projet structurant
Avec près de 2 milliards d’euros d’investissement annoncés, E-CHO représente un changement d’échelle pour le bassin de Lacq. Le projet vise à produire des carburants à faible empreinte carbone pour le secteur aérien tout en maintenant une activité industrielle forte sur le territoire.
L’étude réalisée par la CCI Pau Béarn avec Utopies estime ses retombées à environ 250 emplois directs non délocalisables et près de 1 500 emplois créés ou soutenus au total. L’enjeu sera également de maximiser les retombées pour les entreprises locales dans les domaines de la construction, de l’ingénierie, de la maintenance, de la logistique ou de la sous-traitance.
Les échanges autour de l’eau et de la biomasse ont conduit le porteur du projet à faire évoluer certains aspects de son développement, preuve que le dialogue fait partie intégrante de la réussite d’un grand projet industriel.
Nacre et les opportunités pour l’agriculture
Nacre s’inscrit dans le développement des biocarburants, particulièrement utiles pour les usages difficiles à électrifier. Le projet présente aussi un intérêt pour l’agriculture locale.
Les besoins en biomasse de E-CHO et de Nacre pourraient favoriser de nouvelles cultures comme le miscanthus et offrir des opportunités de diversification aux exploitations agricoles confrontées au changement climatique. Ce lien entre industrie et agriculture devra être construit de manière équilibrée afin de constituer un véritable levier de développement territorial.
La CCI, acteur clé de l’acceptabilité
Le Béarn dispose d’atouts industriels uniques qu’il convient de préserver, transmettre et renforcer. Mais la réussite de ces projets dépend aussi de leur intégration dans le territoire et de leur capacité à démontrer leurs bénéfices en matière d’emplois, de marchés locaux et de retombées économiques.
La CCI Pau Béarn a un rôle essentiel à jouer dans cette démarche. Sa mission est d’apporter des données économiques objectives, de favoriser le dialogue entre les porteurs de projets et les acteurs locaux, et de permettre aux entreprises du territoire d’accéder aux opportunités générées.
L’identification des fournisseurs, la mise en relation avec les donneurs d’ordre, l’anticipation des recrutements et des besoins en formation sont autant de conditions nécessaires pour maximiser l’impact de ces investissements.
Au-delà des emplois créés, ces grands projets doivent permettre de consolider le tissu économique existant, de développer de nouvelles compétences et de renforcer durablement la résilience de l’économie béarnaise.
Article réalisé dans le cadre de Clic’Eco, la newsletter de la CCI Pau Béarn.